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Entretien annuel : nos conseils pour utiliser la critique de manière positive

L’heure fatidique des entretiens de fin d’année a sonné. Un son qui résonne en vous comme le glas de la mort. Le cœur battant dans la poitrine, le pouls s’emballant, vous avancez d’un pas lent et solennel avec l’impression d’entrer sur un ring de boxe. Ça y est, vous y êtes. Votre manager ouvre la bouche… Et déjà vous serrez les poings et la mâchoire. L’entretien commence par une série de compliments. Vous attendez avec méfiance. Vous retenez la garde… Voici une première critique. Bim ! Vous la recevez comme un uppercut. Puis vient une autre… Crochet ! A peine le temps de reprendre votre souffle, une dernière remarque vous assomme… L’arbitre sonne la fin du match. Vous partez la tête basse et le moral haut. Même si vous revivez ces entretiens chaque année, les critiques vous font toujours mal. Et alors que les compliments pleuvaient, vous ne vous souvenez que des coups…

Mais il existe d’autres moyens de faire face aux critiques. Tout est une question d’entraînement, de mise dans les bonnes conditions et de mental.

 

Critique au travail : pourquoi cela fait-il si mal ?

Du latin « criticus« , le verbe critiquer renvoie au fait d’être capable de discerner, de juger. La critique renvoie donc à la sensation désagréable d’être examiné, analysé, noté. Comme l’élève face au professeur, l’enfant face à ses parents. Un sentiment inconfortable et infantilisant qui nous fait souvent souffrir. La plupart des gens ont tendance à réagir négativement à la critique. Elle est reçue de manière désagréable, comme une remise en question de notre propre personne.

La critique peut faire l’objet d’interprétations et donc générer des réactions encore plus négatives que dans la sphère privée.

Une souffrance, particulièrement exacerbée lorsque la critique est formulée sur le lieu de travail. Dans la sphère professionnelle, il peut être plus difficile de recevoir des critiques que dans la sphère personnelle, car les enjeux sont différents. On peut avoir peur pour sa position, peur d’être mis à la porte de son emploi. Au travail, il y a une pression particulière. Une critique peut être interprétée et donc générer des réactions encore plus négatives que dans la sphère privée.

Pourtant, la critique est essentielle au travail. Si l’on ne relève que les aspects positifs, il reste peu de place pour la construction, l’évolution et la progression dans l’entreprise. Or, l’idée de la critique est bien sûr de pouvoir mettre en évidence certaines difficultés afin de les résoudre et de les surmonter.

Alors quelle est la bonne manière de répondre à une critique au travail ? Qu’il s’agisse d’une critique informelle, entre deux portes dans un couloir, ou d’une critique formelle lors d’un entretien annuel, recevoir et accepter une critique est tout un art ! Voici quelques conseils …

 

1. Faites le point sur vous-même…!

Avant votre entretien, la première chose à faire est de vous préparer mentalement à accepter la critique. Pour ce faire, le moyen le plus efficace est de faire le point, dans un environnement calme, avec soi-même. Il s’agit d’évaluer son propre niveau de confiance en soi. Car ce niveau de confiance en soi va être corrélé à la manière dont vous allez recevoir d’éventuelles critiques. S’il est faible, il y a plus de risque que la personne ressente la critique comme quelque chose d’agressif et qu’elle en soit affectée. Connaître son niveau de confiance en soi permet d’être mieux armé pour recevoir les critiques de manière constructive. Cette auto-évaluation, doit permettre de mettre une certaine distance entre soi et les remarques qui seront faites lors de l’entretien. En prenant conscience de son niveau de confiance en soi, même s’il est plutôt faible, la personne sera mieux préparée à recevoir les critiques avec difficulté. Elle sera moins surprise par ses émotions et ses réactions. Jauger son niveau de confiance en soi revient précisément à jauger sa capacité à affronter cet entretien et à recevoir les critiques.

 

2. La veille : réconfortez-vous !

On a beau se préparer mentalement à l’entretien, rien n’y fait : comme la veille d’un match, l’angoisse est là, palpable…. Se rassurer la veille de l’entretien. Il faut trouver des moyens de se calmer. L’anxiété que l’on ressent est le plus souvent liée à la peur du jugement des autres ou à la peur de ne pas savoir comment répondre aux critiques. La veille de l’entretien, il est bon d’évaluer nos émotions. Nous sentons-nous anxieux ? Ou bien de l’impatience ? Nos sentiments nous donnent une réponse sur la façon de gérer nos émotions. Chaque émotion exige une réponse différente. Si je suis anxieux, c’est que j’appréhende l’entretien du lendemain, j’ai peur qu’il ne se passe pas bien. Il faut alors essayer de se rassurer avec des phrases rationnelles. Essayez de formuler des phrases qui sont proches de la réalité que vous avez déjà vécue. Par exemple, dites-vous :  »J’ai déjà passé un entretien comme celui de demain et je sais que je peux le faire. » L’idée est de diminuer votre auto-attente en n’anticipant pas le pire, mais en restant rationnel.

 

3. Essayez de comprendre la critique

Recevoir une critique est souvent vécu comme un affront. Un coup au visage. L’ego est ébranlé. Alors, le premier réflexe est souvent de riposter. De réagir avec violence à l’agression. En bref, de se défendre. La mauvaise façon de réagir à une critique est de la prendre au premier degré. On la reçoit alors de manière extrêmement négative. C’est ainsi que la critique a tendance à nous faire nous remettre profondément en question. Nous nous sentons affectés, affaiblis. Et, la plupart du temps, cela génère une réaction agressive en retour. La personne agressée va vouloir se défendre. Mais cela ne changera rien à vos relations professionnelles. Au contraire, pour être constructive, la critique doit être digérée et analysée.

La critique aura tendance à nous remettre en question en profondeur. On se sent affecté, fragilisé.

Pour cela, il est important d’essayer de la comprendre et d’assimiler les raisons qui ont motivé notre interlocuteur à formuler cette critique à notre encontre. Quelle était leur intention ? Quels sont leurs besoins ? Demandez-vous pourquoi la critique est justifiée. Si, à première vue, la critique vous surprend, n’hésitez pas à poser des questions pour mieux comprendre le message que votre manager veut vous faire passer.

 

4. Apprenez à verbaliser vos émotions

Sur le ring comme dans un entretien, nous avons tendance à rester sur nos gardes. On se protège. Et quand le premier coup tombe, on encaisse. Prendre les choses à bras-le-corps est une mauvaise stratégie. C’est pourtant la tactique choisie par la majorité des gens, notamment sur le terrain professionnel. Elle va générer des conséquences extrêmement négatives. Car les tensions émotionnelles (boule au ventre, à la gorge, envie de se libérer) vont être refoulées, filtrées. Tout prendre sur soi pour garder la face ne nous permet pas d’être honnête et transparent avec nos managers. Cette jauge d’émotions non exprimées va se remplir, s’accumuler, jusqu’à finir par exploser et provoquer une crise d’angoisse.

Alors, pour éviter d’en arriver là et de se retrouver assommé, au sol, mieux vaut apprendre à verbaliser. On parle régulièrement de verbaliser ce que l’on ressent. Mais, selon les caractères et les cultures, ce n’est pas toujours possible. Il faut avoir à l’esprit qu’il existe d’autres moyens d’extérioriser, notamment de manière physique, à travers le sport, la danse, l’art plastique, le théâtre…. L’objectif est d’évacuer ses tensions émotionnelles d’une manière ou d’une autre, à chacun de trouver comment. Et pourquoi pas la boxe ?

 

5. S’autoriser à réagir

Apprendre à recevoir et à accepter la critique est essentiel. Mais que faire lorsque la critique est injuste ? Ne vous inquiétez pas, vous avez le droit d’objecter à un jugement injuste. C’est pourquoi le travail de préparation en amont est crucial. En évaluant vos propres capacités, vous créez votre propre opinion et restez ainsi indépendant. Toutes les critiques ne doivent pas être prises pour argent comptant. Vous devez rester ouvert aux critiques, mais il est parfois nécessaire de les remettre en question. Dans ce cas, référez-vous aux événements passés. Ils vous permettront d’avoir une perception objective de votre travail. Vous serez alors plus à même d’argumenter si l’on vous reproche quelque chose qui vous semble injuste. N’hésitez pas à affirmer votre désaccord, mais montrez néanmoins dans votre réponse que vous avez écouté cette critique :  » J’entends la remarque, mais j’ai du mal à la comprendre car… « .

 

6. Prenez du recul par rapport à la critique

Lorsque l’on participe à une compétition, sportive ou non, on se mesure aux autres. On vit alors chaque étape du parcours comme un échec potentiel. Bref, on le vit personnellement. Mais il faut aussi avoir une vision globale. Il faut prendre du recul et évaluer la bonne stratégie à adopter. En entretien, c’est la même chose. Si vous vivez une critique comme une attaque, cela peut être dû à une mauvaise interprétation. Il ne faut pas se limiter à l’interprétation que l’on fait de la critique, mais au contraire, je vous invite à chercher à valider ces informations. N’hésitez pas à poser une question en retour à votre interlocuteur. Et voyez si sa réponse confirme que votre perception était juste. C’est la façon dont vous interprétez une critique qui va générer de l’agressivité.

Prendre du recul, vous aidera à avoir une vision plus large. Encouragez-vous à faire la distinction entre ce qui est dit dans cette critique et l’opinion que vous y mettez. Il y a l’opinion que vous avez de la personne qui fait la critique, et il y a l’opinion que vous avez de vous-même. Dans tous les cas, il est salutaire de faire la distinction entre le critique et vous-même. Restez donc rationnel. Tenez-vous-en aux faits : ce qui a été dit et rien de plus. Pas ce que vous interprétez de ce qui a été dit…

 

7. Supposez que quelqu’un vous veut du mal

Et si nous vous disions que l’adversaire n’est pas toujours celui que l’on croit ? Que derrière l’image agressive que vous avez de votre interlocuteur, il ou elle vous veut du bien ? Baissez votre garde, pour voir… Quand on reçoit une critique, surtout au travail, il faut toujours partir du principe qu’il y a de bonnes intentions derrière. Il faut déconstruire un peu la critique pour en arriver là. C’est-à-dire qu’il faut dépasser l’aspect négatif de la critique. La critique peut être extrêmement constructive, car en la recevant, je peux m’améliorer. D’ailleurs, quand elle vient d’un supérieur hiérarchique, la critique est souvent un signe de confiance. Vous devez être conscient de la confiance que votre manager a en vous. Il a confiance en votre capacité à vous améliorer. Cela signifie aussi indirectement que lorsqu’il vous complimente ou qu’il évoque un point positif, il le fait de manière authentique. Recevoir une critique de manière constructive nous aide à évaluer nos qualités professionnelles et à identifier les points à améliorer.

La critique peut être extrêmement constructive, puisqu’en la recevant, je peux m’améliorer.

Le mot de la fin by pasteque.io 🍉

Ça y est ? Vous êtes de retour sur le ring ? Il n’y avait finalement pas de quoi trembler… Comme pour une compétition sportive, dites-vous que tout est une question d’entraînement et de force mentale. Si, malgré tous ces conseils, vous n’arrivez toujours pas à réagir de manière constructive aux critiques, c’est le signe que la réaction n’est pas constructive. C’est le signe que la réaction n’est pas liée à votre environnement professionnel, mais que la solution se trouve en vous. Faites un travail d’introspection et tournez-vous vers différentes solutions comme le yoga, la méditation ? Et surtout, persévérez. On ne devient pas un champion du jour au lendemain.

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